Qu’est-ce que le handikayak ou le kayak handisport ?

Discipline paralympique officielle depuis les Jeux paralympiques de Rio en 2016, le handikayak ou kayak handisport est l’adaptation de la pratique du kayak aux personnes handicapées. Assis, les jambes allongées, le pratiquant avance au moyen d’une pagaie double (manche à deux pales) qu’il place alternativement de chaque côté de son embarcation.

Sport de pleine nature, le kayak handisport peut être pratiqué aussi bien en loisir qu’en compétition, seul ou en groupe, dans diverses conditions en fonction des sensations recherchées :

  • En eaux calmes (ex. : lacs, plans d’eau, canaux, cours d’eau lisses et réguliers) pour profiter de belles promenades ou se lancer dans la course en ligne,
  • En mer pour découvrir le milieu maritime,
  • En eaux vives pour les plus aventureux qui souhaitent pratiquer le slalom, la descente, la haute rivière ou encore le kayak freestyle.

Le kayak handisport permet à ses adeptes de développer l’équilibre en position assise, d’entretenir voire d’améliorer leur condition physique et d’apprendre à évoluer en milieu aquatique.

Le kayak handisport s’adresse aux personnes atteintes d’un handicap physique, moteur ou sensoriel, à savoir :

  • Une lésion orthopédique touchant les membres inférieurs ou supérieurs
  • Une hémiplégie, paraplégie ou tétraplégie
  • Une infirmité motrice cérébrale (IMC)
  • Une lésion neurologique
  • Une infirmité auditive ou visuelle

Le pagayeur doit par ailleurs avoir l’usage d’un bras au minimum pour pouvoir propulser son embarcation. Le code du Sport stipule que pour les activités sportives telles que le canoë, le kayak et les disciplines associées, le pratiquant doit également être capable de nager 25 mètres et de s’immerger. À défaut, il doit porter un gilet de sauvetage aux normes et être encadré par un accompagnateur (pour 6 personnes maximum).

La pratique du kayak handisport ne nécessite pas d’embarcation spécifique et peut s’effectuer avec différents types d’équipement selon le niveau, l’intérêt et les objectifs de chacun :

  • Le kayak « Sit in » : équipé d’un pont qui maintient les jambes à l’intérieur de la coque, il est idéal pour les promenades et randonnées en eaux froides, ainsi que pour la compétition.
  • Le kayak « Sit on » : dénué de pont et donc plus sécurisant pour les débutants, il est généralement utilisé pour la découverte du kayak et dans le cadre de courtes promenades en eaux calmes, dans les zones protégées des vagues et du vent.

En fonction de ses difficultés motrices ou sensorielles, le pratiquant peut utiliser des calages constitués de mousse pour jouir d’une position plus confortable, transmettre les forces nécessaires à la progression de son bateau sur l’eau et mieux capter les informations sur le comportement de son embarcation.

En compétition, l’embarcation doit répondre aux normes internationales en vigueur. Des adaptations sont possibles en fonction de la pathologie et du type de bateau utilisé :

  • L’adaptation de l’assise (ex. : sièges, dossiers, dosserets),
  • L’aide à la préhension avec usage d’une orthèse personnalisée (ex. : scratch en fonction de la force du pratiquant, bracelet pour ceux qui ne peuvent pas saisir et maintenir la pagaie),
  • Une pagaie avec un système de fixation au bateau pour les sportifs n’ayant qu’un bras,
  • Des stabilisateurs et des flotteurs pour assurer l’équilibre.
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Kayak handisport : loisir et compétition

La Fédération Française Handisport (FFH) dont la mission est de promouvoir le sport de loisirs et de compétition pour les personnes en situation de handicap, dispose d’une commission dédiée au canoë-kayak. Accessible aussi bien en loisir qu’en compétition, le kayak handisport fait l’objet d’activités de découverte et de stages de perfectionnement.
En compétition internationale, seuls les kayakistes présentant un handicap physique peuvent concourir et sont classés selon leurs capacités fonctionnelles afin de garantir l’équité sportive :

  • KL1 : sportifs pagayant avec les bras uniquement
  • KL2 : sportifs pagayant avec les bras et partiellement avec les jambes ou le tronc
  • KL3 : sportifs pagayant avec les bras, les jambes et le tronc

La classification nationale intègre quant à elle d’autres déficiences non reconnues à l’international :

  • S : sportifs avec une déficience visuelle ou auditive
  • OPEN : sportifs ne répondant à aucune des autres catégories

La discipline de compétition est la course en ligne pratiquée sur 200m, 500m ou 1000m en vitesse, et 5000m pour le fond. Les compétitions sont organisées en même temps que celles des valides et dans les mêmes bassins, dans des épreuves séparées.

En France

Depuis 2014, la Fédération Française de Canoë-Kayak (FFCK) organise, avec l’appui de la Fédération Française de Handisport (FFH), les Championnats de France. Pour y participer, les compétiteurs doivent être sélectionnés lors des championnats inter-régionaux.
Certains événements sont en outre accessibles à tous, sans sélection préalable, comme la Traversée de Lyon, Le Rallye de la Scarpe, Le Marathon de l’Ardèche, etc.

À l’international

Le kayak handisport est représenté par la Fédération Internationale de Canoë (ICF), qui l’a intégré pour la première fois aux Championnats du Monde en 2009. La discipline a ensuite rejoint le programme des Jeux Paralympiques à Rio en 2016.

Kayak handisport : qui sont nos champions ?

Cindy Moreau

Originaire d’Angers, Cindy Moreau est une kayakiste handisport française qui a remporté de nombreux titres sur le 200m femmes dans la catégorie KL3 : 13 médailles d’or sur les Championnats de France, 2 médailles d’or sur les Championnats d’Europe, 3 podiums sur les Championnats du monde (une médaille d’argent et 2 médailles de bronze) et une 3e marche lors des Jeux paralympiques de Rio en 2016.

Rémy Boullé

Ancien militaire parachutiste, Rémy Boullé est un kayakiste handisport français qui compte à son palmarès plusieurs médailles dans la catégorie KL1. Il devient notamment champion de France de fond en 2017, remporte la Coupe du monde sur le 200m la même année, et monte sur la 3e marche du podium lors du Championnat d’Europe de 2018.

Kayak handisport : quel appareillage orthopédique ?

La pratique du kayak handisport ne nécessite pas d’appareillage orthopédique particulier :

  • Les personnes amputées du membre supérieur peuvent utiliser leur prothèse et des aides à la préhension.
  • Les sportifs amputés du membre inférieur peuvent porter leur prothèse de bain tibiale ou fémorale si elle n’empêche pas leur extraction en cas de dessalage.

Kayak handisport : partenaires et associations

Le kayak handisport séduit de plus en plus, et des activités sont organisés lors des grandes compétitions pour les valides, comme lors des Championnats du Monde d’Ocean Racing en septembre 2019
EDF est le fidèle partenaire du canoë-kayak depuis 1991 et parraine également le Handi Kayak. Ce sport est d’ailleurs inscrit cette année au Raids EDF ADN Tour Handisport 2021.
Tous les clubs peuvent ouvrir leur pratique aux personnes en situation de handicap, la FFH les accompagne dans cette initiative en leur facilitant l’accès à des aides financières.
En savoir plus sur les partenaires de la FFH et du Kayak Handisport.

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Fédération Française Handisport

La FFH est chargée d’organiser, de promouvoir et de développer les activités sportives de compétition ou de loisir pour les personnes présentant une déficience motrice, visuelle ou auditive.

Pour accéder au site internet, cliquez ici

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Comité Paralympique et Sportif Français

Le CPSF assure la coordination et la représentation des fédérations sportives qui proposent une offre sportive adaptée aux personnes handicapées.

Pour accéder au site internet, cliquez ici